Cinsault
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À propos du Cinsault
Le Cinsault (parfois orthographié Cinsaut) est le rouge pâle et parfumé du sud méditerranéen — un cépage résistant à la sécheresse, qui s’épanouit sur les sols pierreux brûlés de soleil tout en gardant, on ne sait comment, sa fraîcheur. Pendant la plus grande partie du XXe siècle, il fut traité comme un cépage d’assemblage de service, chargé d’adoucir des partenaires plus fermes dans les rosés de Provence et les rouges du sud du Rhône. Depuis une vingtaine d’années, une nouvelle génération de vignerons nature l’a redécouvert : dans ses vieilles vignes en gobelet, ils voient la matière première pour certains des rouges et rosés les plus joyeux et gouleyants de France.
Où il pousse
Le fief du Cinsault, c’est le sud de la France. En Languedoc-Roussillon, de vieilles vignes en gobelet parsèment les collines de schiste, de calcaire et d’argilo-calcaire de l’Hérault, de l’Aude et du Gard, dont certaines dépassent largement le siècle. En Provence, il est l’un des partenaires classiques du Grenache, de la Syrah, du Mourvèdre et du Tibouren dans les célèbres rosés pâles de la région, apprécié pour la légèreté, les arômes et l’aération qu’il apporte.
Dans le sud de la vallée du Rhône, il fait partie des treize cépages autorisés à Châteauneuf-du-Pape et sert d’assaisonnement dans les rouges et rosés des Costières de Nîmes et des Côtes du Rhône. Il est aussi cultivé en Corse, où il joue les seconds rôles aux côtés du Nielluccio et du Sciaccarello, et dans quelques poches du sud de l’Italie et sur la côte espagnole. Le fil conducteur reste toujours le climat méditerranéen : le Cinsault adore la chaleur et les sols pierreux, mais ce sont les brises côtières et les nuits fraîches du sud qui l’empêchent de basculer dans la lourdeur.
Caractère
Attendez-vous à une robe rubis pâle à grenat, peu de tanins, une belle acidité et un degré d’alcool naturellement modéré pour un climat aussi chaud. Les arômes tirent vers le rouge et le floral : fraise, framboise, cerise rouge, grenade, pétale de rose, parfois une note salivante d’herbes sèches ou de garrigue. En bouche, il est soyeux, transparent et désaltérant plutôt que puissant, plus proche par l’esprit d’un bon Beaujolais que d’un Grenache. C’est précisément cette légèreté qui en fait un si beau rosé — pressé directement, il donne des vins d’une teinte saumon délicate, salins et élégants, sans besoin d’extraction lourde.
En vin nature
Le Cinsault est devenu l’un des cépages emblématiques du mouvement nature dans le sud de la France. De vieilles parcelles en gobelet, jadis arrachées au profit de cépages « améliorants », sont aujourd’hui soigneusement travaillées, non irriguées et vendangées à la main par des vignerons nature qui en apprécient les rendements faibles et le fruit concentré.
Dans la cave, le cépage se vinifie presque tout seul. Les fermentations en grappes entières et semi-carboniques révèlent son parfum et gardent les tanins souples ; le pressurage direct donne des rosés pâles et salins ; l’élevage en vieux bois, en béton ou en inox préserve son élan aromatique. Son acidité naturelle et son pH bas permettent aux vignerons de travailler avec peu ou pas de soufre ajouté, et son alcool modéré rend les vins particulièrement digestes. Le résultat est l’archétype du glou-glou du sud : vif, floral, doucement salivant, et impossible à ne pas terminer.
À table
Le Cinsault est le rouge d’été par excellence. Légèrement rafraîchi (12–14 °C), il accompagne à merveille les poissons grillés, la salade niçoise, la tapenade et autres entrées méditerranéennes, les mezze, les légumes rôtis, le tajine de poulet, la charcuterie et les fromages à pâte molle. Les rosés pâles sont faits pour l’apéritif et pour tout ce qui vient de la mer, servis bien frais à 8–10 °C.