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Retrait à Ostende

Gamay

2 vins

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Pet-nat rosé au fruit rouge

Julien Rousselot

Gamay, Cabernet Sauvignon

€ 17
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Pinot Noir avec Gamay

Honorie

Pinot Noir, Gamay

€ 17

À propos du Gamay

Le Gamay est le grand rouge de soif de la France : léger sur ses appuis, gorgé de fruits rouges, fait pour la table plutôt que pour la cave. Peu tannique par nature mais vif en acidité, avec une peau fine, il donne des vins pâles, parfumés et sans prétention — même les versions les plus sérieuses ne perdent jamais leur côté joyeux. Son histoire est indissociable du Beaujolais, et le Beaujolais est indissociable de la naissance du vin nature moderne.

Où il pousse

La patrie du Gamay, c’est le Beaujolais, cette bande de collines granitiques qui descend de la Bourgogne vers Lyon. Son histoire y commence par un rejet célèbre : en 1395, Philippe le Hardi bannit le cépage « déloyal » de la Bourgogne, le poussant plus au sud, vers les coteaux de granite et de schistes où il s’épanouit depuis. Les dix crus du Beaujolais — Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié et Saint-Amour — en donnent les expressions les plus sérieuses, chacune avec un caractère façonné par le granite rose, la pierre bleue ou les sols riches en manganèse.

Au-delà du Beaujolais, le Gamay voyage bien : la Loire (Touraine, Cheverny, Anjou), les coteaux volcaniques d’Auvergne (Côtes d’Auvergne, Côte Roannaise, Côtes du Forez) et les vignobles alpins de Savoie et du Bugey. En Suisse, il est le deuxième cépage rouge le plus planté après le Pinot Noir, surtout en Valais et dans le canton de Vaud, où il est souvent assemblé avec le Pinot Noir sous le nom de Dôle. Il a aussi une présence en Vallée d’Aoste (Italie), sur la Moselle luxembourgeoise et dans quelques poches d’Allemagne. Le dénominateur commun est un climat frais à modéré — le Gamay a besoin de fraîcheur pour garder son mordant.

Caractère

Sa signature, c’est l’éclat. Attendez-vous à des arômes vifs de cerise, canneberge, framboise et groseille, souvent rehaussés par la violette, l’iris et une note poivrée ou légèrement terreuse. En bouche, les vins sont pâles de robe, faibles en tanins, hauts en acidité et rafraîchissants en alcool. Les crus du Beaujolais ajoutent une vraie profondeur — la minéralité ferrugineuse de Morgon, la soie florale de Fleurie, la structure de Moulin-à-Vent — mais même le Gamay le plus concentré garde ce côté nerveux, dansant.

En vin nature

Le Beaujolais est tout simplement le berceau spirituel du vin nature. C’est là, dans les années 1970 et 1980, que le chercheur Jules Chauvet a mis au point la vinification sans soufre ajouté, et c’est là que ses disciples — Marcel Lapierre, Jean Foillard, Guy Breton et Jean-Paul Thévenet, plus tard surnommés la « Bande des Quatre » — l’ont mise en bouteille. Leur modèle — culture bio, vinification en grappes entières, ajout de soufre minimal voire nul — a depuis fait le tour du monde du vin.

Le Gamay est particulièrement adapté à cette approche. La macération carbonique et semi-carbonique — fermenter les grappes entières sous une couverture de CO₂ — extrait les arômes de fruit et de fleur du cépage tout en gardant des tanins souples, ce qui permet aux vignerons de travailler avec peu ou pas de soufre ajouté et de mettre en bouteille des vins qui semblent vivants. Vieilles vignes sur granite pour la profondeur, levures indigènes pour la fermentation, vieux bois ou béton pour l’élevage, et le résultat est le rouge glou-glou par excellence : léger, salivant, digeste, et impossible à ne servir qu’une seule fois.

À table

Le Gamay est un vin de table par excellence. Charcuterie, poulet rôti, saumon, saucisses grillées, plats aux champignons, ragoûts de lentilles, fromages à pâte molle — il accompagne presque tout, sauf le terrain naturel des rouges les plus lourds. Servez-le légèrement rafraîchi (12–14 °C) ; comme le Pinot Noir, il déteste être trop chaud.